Le 15 mai 2013, j’ai tenu une table ronde sur la question de l’affichage environnemental afin d’entendre les premiers retours des acteurs suite à l’expérimentation lancée en 2011 par le Grenelle de l’Environnement.
Rappel du contexte :
L’expérimentation autour de l’affichage environnemental a été lancée en juillet 2011 par le ministère de l’Ecologie auprès de 168 entreprises volontaires afin de tester ce dispositif sur 1000 produits, toutes filières confondues.
En février 2013, Delphine Batho, ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie a affirmé son ambition d’une généralisation à terme de l’affichage environnemental après une première phase qui pourrait d’abord être basée sur le volontariat. L’objectif est d’anticiper une généralisation européenne et que la France soit un leader mondial dans ce domaine.
Les principaux enseignements de cette table ronde :
Autour de la table, six acteurs se sont exprimés afin de nous présenter leurs initiatives en matière d’affichage environnemental, de revenir sur les bénéfices mais aussi sur les obstacles qu’ils ont rencontrés : l’ANIA, l’INTERBEV, FNE, Asseco-CFDT, la CGPME ainsi que le Groupe Casino.
Tous les acteurs se sont prononcés en faveur de l’affichage environnemental qui est perçu comme un outil efficace de la transition écologique. En effet, l’expérimentation a permis de lancer une dynamique de réflexion au sein des entreprises sur leur impact environnemental et sur les moyens d’investir dans des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Cet affichage permet aussi de sensibiliser le consommateur qui doit devenir écoresponsable et prendre conscience que ses choix sont impactant.
Malgré le soutien des intervenants à l’affichage environnemental, certains ont souligné leur inquiétude de le voir généraliser sur le court terme. La principale raison évoquée est le manque de bases de données fiables et publiques pour l’instant ainsi que l’absence d’une méthode de calcul unique.
L’INTERBEV a particulièrement insisté sur le danger d’une généralisation immédiate pour le secteur de l’élevage. En effet, la méthode d’analyse cycle de vie (impact du produit sur l’environnement à toutes les étapes de sa vie) valorise les systèmes d’élevage intensifs au détriment des systèmes extensifs ou de l’agriculture biologique. De plus, elle ne prend pas en compte les services éco-systémiques, culturels et territoriaux rendus par l’agriculture.
Si une généralisation immédiate apparait difficile, il est important de ne pas laisser retomber la dynamique lancée en 2011. Le travail doit continuer et un calendrier fixant les prochaines étapes est nécessaire. C’est en tout cas mon souhait et celui des acteurs.









